L'ibogaïne: traitement à l'addiction à l'héroïne

Je peux parler ? Bah… c’est difficile à parler devant ça, Je suis arrivé là… comment je suis arrivé là ? Mon problème c’est que… j’ai trente-sept ans, j’ai eu un cancer, le lymphome de Hodgkin il y a deux ans, et j’ai beaucoup galéré avec ce cancer et fait de la chimiothérapie qui était très, très dure. Du coup, j’ai gouté à l’héroïne. J’ai guéri mon cancer en pratiquement un an. Mais, pour m’aider à la chimiothérapie, je prenais de l’héroïne. Le cancer était guéri et j’ai jamais pu arrêter l’héroïne. Donc, j’ai continué héroïne, héroïne, héroïne, héroïne, jusqu’à me dire « stop », parce que ça m’a gâché ma vie, dans mon boulot, dans ma vie de famille, dans tout… Et après, en cherchant sur Internet, en demandant à droite, à gauche, tout ça, je suis tombé sur cette clinique. C’est un peu effrayant parce que c’est un pays inconnu, une langue inconnue, pas d’Europe, donc, ça fait peur, mais en France, on est obligé de passer devant un médecin, devant des psychologues, et en France les, les… en France les, les centres de désintoxication sont très durs, très violents, et on est traité… on est mal traité, tu vois ? Donc, ça, je voulais pas. Et je voulais surtout pas que ma famille soit au courant. Du coup, grâce à Daniela, qui a insisté, qui a bien insisté, j’ai réussi à venir ici… Tant de fois, je fais des pauses, c’est pas grave si je fais des pauses ? J’ai mis de l’argent de côté, je suis arrivé ici et… je suis arrivé ici avec de l’héroïne et au bout de deux heures j’ai plus ressenti aucune envie d’héroïne, les douze jours que j’ai passés ici. Donc, je ne sais pas qu’est-ce qu’on met dans le corps, mais ça fonctionne. J’ai fait deux ou trois désintoxications. C’est dur, certes, on n’aime pas des zombis, mais ça marche très, très bien. C’est très propre, ils sont très gentils, accueillants. En français, on est traduit au top. Je voulais pas être traité à l’ibogaïne, ils ont insisté et ils ont eu raison parce que ça vaut vraiment le coup. L’ibogaïne… je pense que… je pense que j’étais guéri avant d’avoir fait l’ibogaïne. Je pense que j’aurais pu partir rien qu’avec la désintoxication. Mais, psychologiquement, l’ibogaïne, ça m’a aidé. Aujourd’hui, ça fait le treizième jour et je rentre à la maison pour une nouvelle vie. 

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